Je m'appelle Taha. J'ai 31 ans. Je vis à La Réunion. Maman de 2 filles : 17 ans et 23 mois.
Mais ma vie n'a pas toujours ressemblé à ça.
À 9 ans j'ai appris que j'étais adoptée. La même année, je pars vivre avec ma mère, mes frères et soeurs à la Réunion.
À 13 ans, j'ai appris que j'étais enceinte de 4 mois. J'étais en 5e. Ma mère a dit une seule phrase qui a changé ma vie : "On s'occupe d'elle."
À 18 ans, j'avais mon bac avec mention, mon permis, et ma fille de 5 ans à la maison.
Pendant 5 ans à l'université, j'ai caché ma fille à mes profs et amis. BTS, licence, master en économie. Tout en élevant Natacha en secret.
Puis le Covid a annulé mon stage de master. Sans stage, pas de diplôme. 5 ans pour rien. J'ai écrit à mon prof. Il a dit non. J'ai réécrit. Il a dit oui. J'ai eu mon master.
À 25 ans, j'étais au chômage. Mon contrat CDD venait de finir, 1 mois avant mon congé maternité.
Je me suis assise sur mon canapé. J'ai pris une feuille. J'ai calculé.
Découvert garanti chaque mois. Là encore, je n'ai pas rajouté les imprevus, l'entretien de la voiture, le loisir ou plaisir. Et le pire : si ma mère avait un coup dur, je ne pourrais jamais l'aider.
C'est cette pensée qui a tout changé.
J'ai pris mes 300 dernières économies. Et je les ai investies dans un programme business en ligne.
Tout le monde m'aurait dit : "Garde cet argent." Personne ne comprenait.
Mais je savais une chose : si je gardais ces 300 €, dans 6 mois ils seraient partis quand même. Sur des courses, des factures, des trucs oubliés. Mieux valait les investir dans quelque chose qui pouvait me sortir de la galère.
Aujourd'hui, je vis du business en ligne. Je travaille depuis chez moi sous le soleil des tropiques. Je gère mon temps comme je veux. Mes filles passent en premier. Et oui, je peux dire OUI quand ma mère a besoin.
Pas riche. Pas en Lambo. Mais libre.



